Grand Trail de la Vallée des Lacs 2017

En 2016, après 3 CCC plus ou moins bien réussies, je suis revenu sur le presque vrai long pour voir si mon estomac et mes intestins étaient autant tout pourris que je l'imaginais, en mode rando'. Un chrono' de 13h14' avec une grosse patate sur la fin m'a donné envie de retenter l'expérience cette année, mais cette fois en version compét'. :p
Me voici donc ce samedi 17 juin, au bord du lac de Gérardmer, accompagné de mon fidèle ravitailleur de choc Fabien​ et mon père, pour prendre le départ du Trail de la Vallée des Lacs​.

La préparation pour cette grosse balade de 87 km s'est très bien passée, je suis reposé, mes soucis de tendinite achiléenne sont du passé, j'ai dormi 2 très longues heures :D sur place, dans un beau chalet avec vue sur le lac, entouré de ma femme et nos deux filles, mon petit frère d'adoption et mes parents, toutes les conditions sont réunies pour prendre du plaisir et se donner à 200 % !

Marc​, qui n'a dû dormir beaucoup plus que moi, s'il a dormi ce grand courageux, nous fait le briefing de départ obligatoire tandis que je piaffe d'impatience de partir.
La nuit est belle, il ne fait ni trop froid, ni trop chaud, j'ai retrouvé mon sosie de 2 m de plus, Cyrille​, je me dis qu'on va passer une chouette journée.

J'ai l'air sage, n'est-ce-pas ? Eh ben je sens l'être, si si !! Je dois l'être pendant au moins 8h, donc autant l'être tout de suite. ;)

"Et c'est parti pour le show ! Et c'est parti, tout le monde est chaud !!" 04h00, nous sommes lâchés dans les rues de Gérardmer où nous croisons les sorties de boîtes. J'adore ces moments de décalage complet entre de gros tarés qui partent dans la nature pour des dizaines d'heures et de grands tout pleins (de beaucoup de substances différentes manifestement...) qui zigzaguent. :D

Marc​, tu vois que c'est sympa de partir en première ligne, même si tu te fais doubler après par 2000 personnes en 500 mètres. ;) J'ai une chouette photo !

Ayant atteint les pistes de ski de la Mauselaine, je sens comme une haleine pressée dans ma nuque... :D Nooon, Cyrille​ est là ! Cool, on va pouvoir papoter un bout de chemin. Un bon bout de chemin même, car on restera ensemble jusqu'au-dessus du lac des Corbeaux. Très sympa !
Remi​ en profite pour immortaliser l'instant. Merci pour les photos et les encouragements ! (y)

Pile à l'heure ! Enfin, OK Fabien​, avec 1 minute de retard sur le timing que j'avais prévu... Dès 06h45 du matin, il me râle dessus celui-ci ! <3
J'arrive donc aux tennis après un bel échauffement, on va entrer dans notre belle montagne vosgienne, sur des sentiers que je connais par coeur. Je marche souvent, je cours sans effort, je peux discuter sans discontinuer (faut lui donner du grain à moudre, au grand Cyrille​ ! :o ), tout va bien.
2-3 cuillères de riz bio juste huilé et poivré, Bounet recharge en boisson Punch Power​, je fais le plein en gel, barre et compote et on y retourne !

Le pont de Blanchemer, déjà ?! Juste avant, j'ai failli râler auprès d'un automobiliste en Fiat Panda qui traînait un énooooorme nuage noir d'échappement plus que douteux... mais c'était Marc​ qui nous indiquait le ravito' à 1 km. Bon, je me suis tu... ;)
Alors comme ça j'ai 1/2h d'avance ? Mais je n'ai pas forcé ! :o Fabien​ m'engueule (il n'y a pas d'autres mots !) ! :D Et que je dois aller moins vite, et que je dois me préserver, et que je suis trop en avance... Mais j'vous jure monsieur, j'ai pas forcé !
Bon, on apprendra plus tard que cette section a été raccourcie de 3 km. J'avais dit que je n'avais pas forcé. ;)

Notez le professionnalisme du garçon Htb​ : le Tupper Wear de riz calé sur le capot du Toutou, avec la feuille de route posée sur le tableau de bord dans la voiture. Je révise mes devoirs tout en mangeant ! :)
On recharge en boisson, toujours dosée au laser par le meilleur ravitailleur du monde, 2-3 cuillères de riz qui coupent à merveille le sucré (pourtant léger) des produits Punch Power​ et on se fait la côtelette du lac de Blanchemer vers les crêtes, avant ma descente préférée. :p
Vous n'apercevez plus mon sosie de 2 m, c'est normal, je lui ai faussé compagnie sans le vouloir dans la descente précédente, au-dessus du lac des Corbeaux, ayant certainement voulu préserver ses quadri' pour la suite. 4h34' de course, tout va bien, encore 2 fois comme ça, on reste cool.

Sur cette photo (merci ami photographe !), j'attaque enfin la deuxième descente vers Mittlach. Enfin, car après une belle grimpette depuis le pont de Blanchemer et une des plus belles descentes du coin, vers Altenweiher et après dans laquelle j'ai repris plus de 10 camarades de jeu, ce coquin de Marc​ nous a fait offert une variante de 300 m D+ très roulante qui a rajouté un peu de piment à cette première partie de course.
J'arrive donc au 3ème ravito' en forme, mais avec les quadri' qui me disent qu'ils n'ont pas mal bossé depuis 04h00 ce matin. ;) Il est 10h48, j'ai 45' minutes de retard sur le timing. Pourtant, pas d'inquiétude à avoir, le parcours n'est pas le même que l'année dernière. D'ailleurs, cette fois, je n'ai pas besoin de changer mes chaussettes Compressport France​ Ultralight Run V3 ni mes Mafate Speed 2 Hoka One One​, le terrain est super sec, je suis tout propre, je prends juste le temps d'enlever le caillou qui a profité du confort exceptionnel de mes Hoka dès les premiers kilomètres. :) Je papote un peu avec mon Fabien​, il recharge tout bien comme il faut pour que je ne manque de rien côté Punch Power​, je me lave un peu la caboche, je mange 3-4 cuillères de riz (vous sentez la blague arriver ?...) et nous voilà reparti sereinement pour le juge de paix du jour, LA montée qu'il va falloir gérer au mieux.
Je suis bien, j'ai très envie et je n'ai pas encore pêter ma durite style "M'en fiche, j'envoie même s'il reste encore 40 kil' !". :D

Traditionnelle photo du bro' Fabien​. Non, je ne suis pas en randonnée, j'ai seulement 810 m D+ à grimper en 8 km, après 49 bornes de course. ;)

Marc​, bon sang, merci !!! :D Merci de nous avoir fait passer sous les Spitzkoepfe pour agrémenter cette belle envolée ! Cela a redonné du caractère à la course, là où elle se perd dans les looooonnnnngues pistes forestières. De la côte, du technique, il ne m'en fallait pas moins pour reprendre sans forcer 17 copains en galère (je frime là, mais j'en profite car cela ne va pas tarder à changer...). J'ai pris un pied intégral dans cette montée, sur un terrain que je connais par coeur et qui me correspond à merveille. Merci !

Au pied du Hohneck. Quelques marchettes et je vais pouvoir dérouler un peu.
Mais dis-moi que c'est pas vrai ?! Un petit bonhomme assis sur un rocher, à encourager les coureurs (du 55 et du 87 km, nous terminerons ensemble à partir de ce col), le smartphone visé à la main. "C'est pas vrai ! Noé​éééé !!!!!" :D

Le fameux rédacteur de Trail in Lorraine​ est là, et il semble encore plus content que moi de me voir ! Ravis, on tombe dans les bras l'un de l'autre, un sacrément chouette moment comme peut en créer le trail running ! :D Vrai Roses​ immortalise la scène, merci à lui. ;)

Noé​ m'accompagnera jusqu'au sommet du Hohneck, me permettant de finir cette grimpette en discutant. Comment ça j'aime bien parler ?! ;)
Merci mec !

Quelques mètres D- plus tard, perdu dans le flot des coureurs du 55 km (pour être tout à fait honnête, pour le modeste compétiteur que je suis, je n'aime pas trop pour gérer l'avancement ou le recul dans le classement...), j'arrive au 4ème ravitaillement, au célèbre Refuge du Sotré​. Mon père et Fabien​ m'y attendent, mais malheureusement pas les 3 amours de ma vie, garées avec le Toutou bien plus haut, sans poussette 4x4...
8h40' de course, j'ai 40' de retard, je n'ai rien perdu dans la montée de Mittlach, mais je sens qu'être rentré à l'écurie dans 3h20' va être coton. Plus de 9 km/h de moyenne pour finir la journée, c'est tout bonnement une vue de l'esprit... Tant pis, on va s'attacher à remonter des dossards rouges, ce sera toujours ça à faire. ;)
Ma mère et ma grande Lou arrivent en courant, j'ai le plaisir de voir mon aînée dans cette belle ambiance festive des ravito' en trail (merci et bravo à tous les bénévoles du Trail de la Vallée des Lacs​ pour votre incroyable dévouement !!).
7' se sont écoulées (pour mémoire, c'est le temps qu'a utilisé Marco Olmo​ pour je ne sais plus quel UTMB... pour l'ensemble de ses ravitaillements ! :o ), Bounet me met dehors, et il a bien raison. Good job, bro' !

Fabien​ cavale quelques dizaines de mètres avec moi, m'encourage, me motive. C'est le ravitailleur idéal. (y)
Mais je sens tout de suite que quelque chose cloche... Pour m'être accroupi à côté de Lou, ma jambe droite m'a offert pour le reste de la course une sympathique petite contracture du haut du mollet jusqu'au haut de la cuisse, un vrai régal. :/ Et comme une tuile n'arrive pas seule, je sens le ventre bien lourd, comme si les 2-3 cuillerées de riz fois 4 ont l'air de peser... Ah non ! Tout allait bien jusque là, gestion au quart de poil, pas d'enflammage, la nourriture Punch Power​ passait à merveille...

Entre cette photo et la précédente, 14 km en 2h03'... Pas vraiment l'allure espérée. J'ai arrêté de m'alimenter vers 10h de course, préférant ne pas risquer le vomito et ses variantes, au risque de ne terminer qu'avec du liquide (même les Seed pom' Punch Power​ pourtant bien liquides et peu sucrés ne passent plus...).
Les sensations sont étranges : je double beaucoup en descente, un peu en montée (les concurrents du 55 km surtout, il n'y a plus tant de copains du 87 devant en fait), mais je suis incapable de courir sur le plat. Du coup, la vitesse moyenne chute dangereusement et ce n'est pas bon pour rentrer à la maison le plus vite possible. ;)

Fabien​ m'attend fidèlement dans les S de la forêt au-dessus du lac de Longemer, au risque de se faire "dévorer" (ce sont ses mots :D ) par les moustiques. Il sait donner de sa personne, ce frérot ! ;)
Le bout droit sur la berge me paraît une éternité, Bounet m'encourage, me fait courir comme il peu, mais sans carburant, ce n'est pas simple. Ma trombone au ravito' en dit long... Merci Serge​ pour les photos !

Posé sur la barrière de sécurité à la sortie du ravitaillement, je m'installe auprès dAmandine​ et Romain​ qui m'ont fait le plaisir de venir m'encourager avant cette dernière section. Le verre d'Alsace Cola est prêt, Amandine va même me chercher une cruche d'eau que je lui demande de me vider sur la tête, histoire de me réveiller un peu. Je ne suis pas "mal", mais je suis complètement vidé, plus d'énergie à envoyer à mes cannes, seule le cerveau veut continuer...
De l'autre côté de la route, Fabien​, tout en rechargeant mes flasques Compressport France​, me que**** qu'on n'est pas venu là pour acheter du terrain, que l'heure tourne et que je discuterai à l'arrivée... :D Trop fort !
Bon, je repars, mais c'est bien parce que c'est toi ! ;)
Merci encore, Amandine, Romain et Serge​ ! :)